ETUDE – Le non-départ en vacances : lever les contraintes financières et sociales sans augmenter significativement les dépenses publiques

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Une part considérable de Français ne sont pas en mesure de partir en vacances, et il est possible de les aider sans augmenter significativement la dépense publique. L’exclusion du départ en vacances demeure un phénomène massif, touchant 39 % des Français en 2025 et 48 % des Européens en 2024 au sens de l’OMT. Si le frein financier domine, son poids varie selon les profils et masque des réalités très différentes. Asterès formule 7 propositions organisées en deux axes : agir sur la demande en mobilisant des dispositifs existants sans nouvelle dépense publique, et agir sur l’offre en incitant certains acteurs (privés, particuliers et publics) à mettre leurs capacités d’hébergement et de transport à disposition du tourisme social.

LE NON-DEPART : 39 % DES FRANÇAIS EXCLUS DES VACANCES, UN NOYAU DUR DE 22 % DE NON-PARTANTS SYSTEMATIQUES

En 2025, 39 % des Français ne sont pas partis en vacances au sens de l’OMT, et 22 % ne partent jamais sur trois années consécutives, révélant un noyau dur de non-partants structurels. Le taux de non-départ varie fortement selon le revenu, la catégorie socioprofessionnelle et l’âge. Au-delà des revenus et de l’accès aux dispositifs, le non-départ comporte une dimension culturelle et organisationnelle propre à certaines catégories. L’évolution entre 2015 et 2024 révèle un décrochage relatif de la France parmi les grands pays d’Europe occidentale.

LES FREINS AU DEPART : UN FREIN FINANCIER DOMINANT MAIS UNE INVERSION CHEZ LES SENIORS ET UN NON-RECOURS CROISSANT AUX AIDES

Le frein financier est cité par 38 % des non-partants français et 65 % des non-partants estivaux. Toutefois, la structure des freins s’inverse chez les 65 ans et plus, où la santé (43 %) et le désintérêt (36 %) supplantent les motifs financiers (25 %). Le non-recours aux aides disponibles constitue un amplificateur structurel puisqu’en 2021, 39 % des personnes éligibles n’y recourent pas, de plus en plus par frein psychologique plutôt que par manque d’information. Le revenu seul ne condamne toutefois pas au non-départ, 31 % des ménages gagnant moins de 1 000 euros par mois parviennent à partir en vacances, et à revenu médian comparable, les employés partent nettement plus que les ouvriers, ce qui confirme que des leviers structurels existent au-delà de la seule aide financière. Au-delà des freins conjoncturels, le non-départ se reproduit entre générations, parmi les Français qui ne partiront pas en vacances, 64 % déclarent n’être jamais partis dans leur jeunesse, contre 28 % de ceux qui partaient régulièrement. Ce déterminisme n’est toutefois pas une fatalité puisqu’à revenu médian comparable, les employés partent nettement plus que les ouvriers, ce qui confirme que des leviers structurels existent au-delà de la seule aide financière.

PROPOSITIONS : AGIR SUR LE DEMANDE POUR LEVER LES FREINS, AGIR SUR L’OFFRE POUR AUGMENTER LES HEBERGEMENTS DISPONIBLES

Pour favoriser l’accès aux vacances, des actions peuvent être conduites conjointement sur la demande, les ménages, et sur l’offre, les hébergeurs et transporteurs. Les associations du tourisme social jouent un rôle clef dans l’accompagnement au départ des publics empêchés. Astères a fait le choix de concentrer ses propositions sur la mobilisation de ressources existantes, qu’il s’agisse de dispositifs sous-utilisés, de capacités d’hébergement vacantes ou de mécanismes d’incitation à destination des acteurs privés, afin d’identifier des leviers activables dans le cadre budgétaire actuel, sans augmentation significative de la dépense publique.

Concernant la demande, le monde du travail peut être largement mobilisé avec par exemple le versement d’une partie des primes annuelles en mai, sous forme de « Prime vacances », et avec le développement des dons de congés en faveur des ménages qui ne partent pas. Pour lutter contre le non recours aux aides existantes, des tiers de confiance et de proximité tels que la CAF, France Travail, la médecine du travail ou les CCAS pourraient être mobilisés pour diffuser l’information sur les dispositifs disponibles. Enfin, pour les 18-25 ans, des « Pass vacances Jeunes » combinant hébergement et transport pourraient être distribués par tirage au sort.

Concernant l’offre, qui constitue un enjeu central pour le secteur, les hébergements privés, professionnels ou non, pourraient être largement mobilisés via des systèmes d’incitation. La plateforme VACAF pourrait s’ouvrir à la totalité des acteurs professionnels de l’hébergement en échange de tarifs sociaux, mobilisant ainsi l’offre privée excédentaire. Les logements des particuliers pourraient également être mis à profit : pour les propriétaires de résidences secondaires prêts à mettre à disposition leur logement gracieusement, le système d’assurance et d’accompagnement créé par Parents-Vacances serait poussé par de nouveaux acteurs ; et pour les propriétaires qui louent aujourd’hui en courte durée non-professionnelle, le quota de 120 nuitées par an pourrait être relevé d’une nuit pour chaque nuitée sociale. Enfin, les freins liés au transport pourraient être réduits par le développement d’offres de transport régional à prix réduit durant la période estivale, promouvant un tourisme social de proximité.

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